L'Atelier

Atelier :


  • espace voué à l’élaboration d’objets (matériels ou conceptuels), lieu où les choses jos_amman_workshop_226sont en devenir
  • idéalement aussi, lieu d’échanges sur les pratiques — dont témoigne l’extension du terme aux groupes de réflexion au sein d’un congrès, par exemple
  • lieu, enfin, où les outils et les méthodes mis en œuvre, s’ils contraignent l’élaboration des objets, sont également contraints en retour de s’affiner et d’évoluer

L’Atelier se veut revue critique en ce sens précisément qu’elle se conçoit comme un espace d’élaboration et de réflexion sur la mise en œuvre de méthodes critiques.

L’Atelier ambitionne d’être un chantier intellectuel où la critique se trouve interrogée, mise à l’épreuve, en même temps qu’est interprétée l’œuvre vers laquelle elle se tourne. Il encourage donc la diffusion d’articles où la théorie interprétative ne s’applique pas à son objet comme s’il lui pré-existait mais, dans tous les sens du terme, s’explique avec lui. Il vise à promouvoir les lectures d’œuvres qui invitent à la réflexion sur la pratique critique sans perdre de vue ce qui la suscite ainsi que celles portant sur les régimes de représentation et les phénomènes de reprise intertextuelle et trans-artistique.

Les articles soumis à L’Atelier pourront mettre en jeu divers champs théoriques sans exclusive, si la démarche correspond aux exigences de cohérence et d’engagement méta-critique de la revue.

ISSN: 2109-9103

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§ Appel à contributions: Le singulier

 
Le singulier suppose la distinction, la différenciation. Repérer une singularité, c’est souligner ce qui marque l’objet appréhendé comme autre, comme impossible à contenir dans des catégories préétablies. Le singulier est ce qui semble pouvoir n’être appréhendé qu’en lui-même ; pourtant, il remarque aussi la coexistence comme sa condition même. Jean-Luc Nancy, dans Être singulier pluriel, pense le singulier à partir de l’idée d’une « pluralité d’origines » et insiste sur le fait que le singulier n’est jamais un caractère supplémentaire qui pourrait être attribué à un étant. Le monde n’est que comme pluralité d’origines, et ces « origines » sont les singularités qui le constituent. Le singulier, selon Nancy, ne peut donc se penser que dans un être-avec, comme « singulier-pluriel : en sorte que la singularité de chacun soit indissociable de son être-avec-plusieurs, et parce que, de fait, et en général, une singularité est indissociable d’une pluralité. » Il n’est pas seulement « l’un d’un plus grand tout (le particulier) » ni « l’unique sans tout/s (l’individu) ». Nancy écrit : « Le singulier, c’est d’emblée chaque un, et donc aussi chacun avec et entre tous les autres. Le singulier est un pluriel […] ». Le singulier peut ainsi être pensé comme relationnel et sa distinction, sa singularisation, sur le fond d’un être-avec. La possibilité d’une altérité radicale du singulier paraît inhérente à toute réflexion sur le singulier. Étudier la singularité, ce peut être pointer du doigt l’exceptionnel, faire de l’adjectif singulier un euphémisme traduisant l’intuition d’une altérité radicale et désigner ce que, par manque de reconnaissance, l’on exclut. Le singulier, s’il ne peut, pour Nancy, être pensé que dans sa relation à l’être-avec, ne semble pouvoir être réduit à du tout autre. Giorgio Agamben, en évoquant quant à lui une « singularité quelconque », détachée de toute appartenance identitaire et d’une société qui pourrait la reconnaître et se la représenter, en évoquant la singularité de « l’être qui vient », évoque aussi l’impossibilité de réduire le singulier à une position et la nécessité de l’accepter comme advenue (La communauté qui vient. Théorie de la singularité quelconque, Paris, Seuil, 1990) tandis que Roland Barthes voit dans le Deux « le suspense de Un » et déplace la dichotomie Un/Deux vers « Un composé et Un divisé » (Comment vivre ensemble, Simulations romanesques de quelques espaces quotidiens, Paris, Seuil, 2002).  
Publié: 2018-10-07 Plus...
 

§ Appel à contributions: Référence et référentialité

 

De quoi parle la littérature ? La littérature parle-t-elle de quelque chose ? La théorie aristotélicienne de la mimesis pose celle du rapport référentiel entre objet et représentation, entre monde et langage. Si pour Saussure le langage met fin au monde dans l’avènement ou la survenue du signe, est-il encore possible de dire qu’écrire, c’est décrire, ou même donner forme au monde, à l’expérience du monde ? Alors qu’il postule la préexistence d’un système de références stable comme pacte de lecture – lieux, événements, personnages, contexte historique et culturel – dont le texte littéraire se saisirait pour devenir l’espace métonymique d’un temps historique, le prisme référentiel tient-il encore face au pouvoir radical du langage, et à ce que ce pouvoir fait au monde ?

Ce numéro de l’Atelier souhaite interroger l’écriture comme médiation, comme ce qui arrive au monde, sa capacité à le transformer, le générer, mais aussi à se créer elle-même en lui et par lui. Il s’agira de penser la manière dont le présupposé d’un livre écrit au miroir du monde est mis en crise par tout ce qui échappe à la spécularité, c’est-à-dire tout ce qui arrive au texte dans le processus du poiein, voire fait disparaître le référent au profit d’une intransitivité, d’un autotélisme du langage : la métaphore, l’image, le figural, l’implicite, la traduction, la polysémie, l’hermétisme, l’instabilité des signes, la subjectivité, la modalité, l’affect, l’expérience, l’indéterminé, le possible, l’imaginaire, le fabulaire. Autant de procédés ou de modes qui déplacent le régime référentiel et en dévoilent l’illusion. 

 
Publié: 2018-03-23 Plus...
 
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Vol. 10, No 1 (2018): Comédies animales


Page couverture

Finitude, captivité, pauvreté ontologique, silence, souffrance, exploitation, mort. À quelques importantes exceptions près, la tonalité dominante dans le champ encore jeune des études animales aura été mélancolique. L’animal qui naguère peuplait nos contes et nos fables est devenu désormais une figure pathétique, pour ne pas dire tragique. 

Or, est-il encore possible aujourd’hui, serait-il éthique, de concevoir et de représenter les animaux sur le mode comique, comme le demande Ursula K. Heise ?

Ce numéro sera l’occasion d’interroger, au cœur et en marge du canon anglophone, les enjeux éthiques, politiques, épistémologiques et littéraires que soulève l’étude des comédies animales. On entendra dans l’écho balzacien de notre titre une invitation, non seulement à rendre aux mondes animaux l’architecture riche et complexe que La Comédie humaine empruntait à Cuvier pour son « histoire naturelle de la société », mais aussi à repenser ces mondes en relation dynamique et complice avec les mondes humains, comme nous l’enseigne l’éthologie.

Numéro coordonné par Antoine Traisnel et Anne Ullmo