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  • L'incongru

    2022-03-19

    L’incongru

    Inattendu, surprenant, parfois déplacé ou inconvenant, l’incongru contrevient aux usages tant esthétiques que moraux ou linguistiques et déroge à la norme, qu’elle soit sociale, narrative ou intellectuelle. Surgissement d’un désordre, l’incongru agit comme un punctum qui vient faire saillie dans « l’étendue, […] l’extension d’un champ que je perçois assez familièrement en fonction de mon savoir, de ma culture » (Roland Barthes, La Chambre claire, 47). Il arrête le regard, le décale, ébranle l’équilibre qui puise sa source dans un familier construit par un savoir, une culture, des attentes. En d’autres termes, il fait effet et déclenche des émotions auxquelles les lecteurs ou spectateurs n’étaient pas nécessairement préparés : étonnement, lorsque par exemple un détail inattendu vient infléchir le cours d’une narration, rire, lorsque se produisent des décalages qui dérèglent la machine, effroi aussi parfois, lorsque le non familier vient bousculer la compréhension du monde. Comme le suggère le préfixe in-, l’incongru apparaît comme une paradoxale soustraction, ce qui vient s’opposer à la convenance, en priver l’instant, tant sur le plan quantitatif que moral et le fait en se parant d’un supplément visuel, sonore, sémantique. Il vient faire effraction dans le sens dont il perturbe la construction et la compréhension en exhibant une disjonction bien souvent sensorielle, en créant la dissonance, en pratiquant des sauts de registres dans lesquels se manifeste parfois un inconscient dont les rêves mettent à mal toute unité ou pensée close de la réalité.

    Il s’agira dans ce numéro de se pencher sur ces effractions plus ou moins visibles, sur ces désordres qui font trembler le sens, sur ces sens qui travaillent la matérialité du texte ou de l’œuvre d’art, et d’observer ces moments suspendus qui, parfois, reconfigurent l’œuvre, le texte, la lecture. Comment l’incongru « perturbe[-t-il] l’économie du sens », (Jourde, Empailler le toréador, l’incongru dans la littérature française, 1999), en déployant de petites agrammaticalités susceptibles de faire événement et, sinon d’engager la construction d’un processus de vérité,  au moins d’ouvrir le champ des possibles quand l’aléatoire et l’imprévisible, l’obstacle visuel ou sonore dénouent la nécessité ?

    Les articles (30 000-55 000 caractères) pourront être rédigés en français ou en anglais.

    Les propositions détaillées (300-500 mots) sont à envoyer à Sylvie Bauer (sylvie.bauer@wanadoo.fr) et Juliana Lopoukhine (j_lopoukhine@yahoo.fr) avant le 30 juin 2022.

    Les articles sont attendus pour le 31 octobre 2022.

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  • Le Transfert

    2021-12-08

    Pour son numéro 14.1, à paraître en décembre 2022, la revue en ligne L’Atelier (http://revues.u-paris10.fr/index.php/latelier) lance un appel à contributions sur le thème « Le Transfert »

    Dimension clé de la cure analytique, le transfert est la réactivation de pulsions inconscientes infantiles insues, qui sont adressées à la personne de l’analyste. Dans ce processus, référent, canal, destinataire et même code sont tous sujets à des déplacements, transpositions ou substitutions : le transfert est à la fois dé- et re-contextualisation, réactualisation temporelle ; l’analyste et son cabinet deviennent acteur et théâtre, la cure le medium dans lequel l’analysant s’exprime. Découverte accidentellement par Freud dans la cure de Dora, cette situation où l’on répète en transposant pourrait servir de modèle théorique au processus créatif à l’œuvre dans la littérature, le cinéma ou dans le contexte des « media studies ». Peut-on envisager que cette double impulsion, à redire et à répéter sous une forme autre ou insue, à faire glisser codes et modalités, soit au cœur de l’acte d’écriture ou de création artistique ? Par quels jeux de substitutions, déplacements, et métonymies un medium fonctionne-t-il ?

    Toujours présent inconsciemment dès l’établissement du rapport entre analyste et analysant, le transfert peut être l’occasion de résistance, de conflit. Dans quelle mesure l’écriture ou la création artistique mettent-elles en œuvre des processus comparables aux processus transférentiels ? Quels malaises et forces appellent à la répétition et la remise en jeu ? Si le transfert est un moment-seuil, peut-il être franchi et dépassé, et quel est son devenir ? On pourrait questionner en particulier le rapport entre trauma et transfert.

    Réponse et réplique au transfert, le contre-transfert engage à son tour l’analyste dans un schéma ou une relation transférentiels. Comment une telle résonance peut-elle survenir lors de l’interprétation ou la réception d’un texte par un lecteur ou un critique, et vers quoi tend-elle ?

    Ce numéro de l’Atelier souhaite ainsi interroger, au prisme du transfert et de ce qu’il sous-entend de répétition, de déplacement et de transposition, l’ensemble des pratiques littéraires, artistiques et culturelles (qui peuvent être aussi diverses qu’une réécriture, une citation, une adaptation ou un pastiche cinématographique…). Car si « tout texte est absorption et transformation d’un autre texte » (Kristeva), le transfert ne serait-il pas constitutif de toute écriture ?

     Les articles (30 000 - 55 000 signes) pourront être rédigés en français ou en anglais

    Les propositions détaillées (300-500 mots) sont à envoyer à Isabelle Alfandary (isabelle.alfandary@gmail.com), Samuel Weber (sweb21@orange.fr) et Priyanka Deshmukh (pri.deshmukh@gmail.comavant le 15 mars 2022.

    Les articles seront attendus pour le 30 juin 2022.

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