Annonces

  • Pour être tenu au courant de l'actualité de la revue, vous pouvez vous inscrire comme lecteur.
  • Vous recevrez ainsi les informations qui la concernent (nouvelles parutions, projets éditoriaux, ...) dans votre boîte e-mail.

§ Appel à contributions: Le singulier

 
Le singulier suppose la distinction, la différenciation. Repérer une singularité, c’est souligner ce qui marque l’objet appréhendé comme autre, comme impossible à contenir dans des catégories préétablies. Le singulier est ce qui semble pouvoir n’être appréhendé qu’en lui-même ; pourtant, il remarque aussi la coexistence comme sa condition même. Jean-Luc Nancy, dans Être singulier pluriel, pense le singulier à partir de l’idée d’une « pluralité d’origines » et insiste sur le fait que le singulier n’est jamais un caractère supplémentaire qui pourrait être attribué à un étant. Le monde n’est que comme pluralité d’origines, et ces « origines » sont les singularités qui le constituent. Le singulier, selon Nancy, ne peut donc se penser que dans un être-avec, comme « singulier-pluriel : en sorte que la singularité de chacun soit indissociable de son être-avec-plusieurs, et parce que, de fait, et en général, une singularité est indissociable d’une pluralité. » Il n’est pas seulement « l’un d’un plus grand tout (le particulier) » ni « l’unique sans tout/s (l’individu) ». Nancy écrit : « Le singulier, c’est d’emblée chaque un, et donc aussi chacun avec et entre tous les autres. Le singulier est un pluriel […] ». Le singulier peut ainsi être pensé comme relationnel et sa distinction, sa singularisation, sur le fond d’un être-avec. La possibilité d’une altérité radicale du singulier paraît inhérente à toute réflexion sur le singulier. Étudier la singularité, ce peut être pointer du doigt l’exceptionnel, faire de l’adjectif singulier un euphémisme traduisant l’intuition d’une altérité radicale et désigner ce que, par manque de reconnaissance, l’on exclut. Le singulier, s’il ne peut, pour Nancy, être pensé que dans sa relation à l’être-avec, ne semble pouvoir être réduit à du tout autre. Giorgio Agamben, en évoquant quant à lui une « singularité quelconque », détachée de toute appartenance identitaire et d’une société qui pourrait la reconnaître et se la représenter, en évoquant la singularité de « l’être qui vient », évoque aussi l’impossibilité de réduire le singulier à une position et la nécessité de l’accepter comme advenue (La communauté qui vient. Théorie de la singularité quelconque, Paris, Seuil, 1990) tandis que Roland Barthes voit dans le Deux « le suspense de Un » et déplace la dichotomie Un/Deux vers « Un composé et Un divisé » (Comment vivre ensemble, Simulations romanesques de quelques espaces quotidiens, Paris, Seuil, 2002).  
Publié: 2018-10-07 Plus...