L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier <p><em><strong><span style="font-family: Verdana; font-size: small;"><span style="font-size: 12px;">Atelier :</span></span></strong></em></p> <p><em><strong><span style="font-family: Verdana; font-size: small;"><span style="font-size: 12px;">ATTENTION ce site est en maintenance jusqu'au 22/03/2019. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée<br></span></span></strong></em></p> <ul> <li class="show">espace voué à l’élaboration d’objets (matériels ou conceptuels), lieu où les choses <img style="float: right; margin: 10px;" title="jos_amman_workshop_226" src="/public/site/images/scarella/jos_amman_workshop_226.jpg" alt="jos_amman_workshop_226" width="172" height="226">sont en devenir</li> <li class="show">idéalement aussi, lieu d’échanges sur les pratiques — dont témoigne l’extension du terme aux groupes de réflexion au sein d’un congrès, par exemple</li> <li class="show">lieu, enfin, où les outils et les méthodes mis en œuvre, s’ils contraignent l’élaboration des objets, sont également contraints en retour de s’affiner et d’évoluer</li> </ul> fr-FR <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> <ul> <li class="show"> <p style="margin-bottom: 0cm;">L’envoi spontané d’un article à la rédaction de <em>L’Atelier </em> implique l’autorisation de publication et la cession des droits dans les limites établies par la loi de propriété intellectuelle.</p> </li> </ul> <p style="margin-bottom: 0cm;">&nbsp;</p> <ul> <li class="show"> <p style="margin-bottom: 0cm;"><em>L’Atelier </em>conserve les droits de reproduction des articles publiés, quelque soit le support&nbsp;: internet, CD ROM, réimpression, photocopie, etc.</p> </li> </ul> <p style="margin-bottom: 0cm;">&nbsp;</p> <ul> <li class="show"> <p style="margin-bottom: 0cm;">L’auteur conserve le droit de publier ultérieurement son article déjà paru dans <em>L’Atelier </em> avec la seule obligation de mentionner le nom de la revue comme source de la première publication.</p> </li> </ul> pascale.tollance@univ-lyon2.fr (Pascale Tollance) silvio.carella@u-paris10.fr (Silvio Carella) lun., 21 janv. 2019 00:00:00 +0000 OJS 3.1.2.0 http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss 60 L'enthousiasme et la philosophie de l'art http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/515 <p align="JUSTIFY">Nous interrogeons dans ce travail la notion « d'enthousiasme » à partir de l'usage qu'en fait Platon dans le dialogue <em>Ion</em><span>. </span><span><span>La première partie de notre propos, nourrie des lectures et des interprétations contemporaines du texte, tâche d'en restituer la teneur ; elle a pour objet l'enthousiasme entendu comme persiflage, comme moquerie contournée dirigée contre la rhapsodie, et par ricochet contre la poésie. Dans la seconde partie, n</span></span><span>ous tentons de démontrer que la portée de la notion « d'enthousiasme » excède le cadre qui lui est initialement assigné par Platon. En effet, d'ironie anti-rhapsodique et anti-poétique, l'enthousiasme se mue en concept inaugural du questionnement philosophique sur l'art, concept qui non seulement ouvre un champ de réflexion, mais encore prescrit à ce champ son geste fondamental ou sa trame secrète, ce que nous appelons « l'absentement de l'artiste ». En dépossédant le poète de son activité créatrice, en l'assimilant à un serviteur sans poids du divin, Platon indistinctement fonde la philosophie de l'art et efface l'artiste, ou plutôt fonde la philosophie de l'art sur cet effacement.</span><span><span> À partir du </span></span><em><span>Ion</span></em><span><span>, le philosophe aborde le phénomène artistique en-deçà ou au-delà de l'artiste, ou bien à partir d'une entité supérieure (dieu, la nature, l'être) qui en vient à créer avant ou à travers l'artiste instrumentalisé et mythifié, ou bien depuis l'œuvre d'art, toujours déjà créée et s'offrant à la contemplation d'un spectateur.</span></span></p><p lang="en-US" align="JUSTIFY"><em><span>Enthusiasm and Philosophy of Art.</span></em><span><span> In this paper, I question the notion of “enthusiasm” as it is used by Plato in the dialogue </span></span><em><span>Ion</span></em><span><span>. The first part, nourished by contemporary readings and interpretations, attempts to render the content of the text; its object is enthusiasm understood as a raillery, as an ironical mockery directed against rhapsody, and indirectly against poetry. In the second part, I try to demonstrate that the significance of the notion of “enthusiasm” exceeds Plato’s initial perspective. Indeed, from its anti-rhapsodic and anti-poetic function, enthusiasm turns into the inaugural concept of the philosophical questioning about art, a concept that not only opens a field of reflection, but also prescribes to this field its fundamental gesture or its secret plot, what I call “the erasing of the artist”. By dispossessing the poet of his creative activity and assimilating him to a weightless servant of the god, Plato at the same time founds the philosophy of art and erases the artist, or bases the philosophy of art on this erasure. After </span></span><em><span>Ion</span></em><span><span>, the philosopher considers the artistic phenomenon below or beyond the artist, either from a superior entity (god, nature, being) that comes to create before or through the instrumented and deified artist, or from the work of art, always already created and offering itself to a spectator.</span></span></p> Charles Bobant Copyright (c) 2019 L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/515 lun., 21 janv. 2019 16:34:14 +0000 Le romantisme (anglais) est un enthousiasme http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/517 <p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times-Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-weight: normal;">Présentée sous la forme d'un énoncé sartrien, la proposition selon laquelle le romantisme anglais est un enthousiasme n'entend pas faire l'économie d'un rappel historique : celui de la querelle qui opposa, pendant toute la durée de la période, et même bien en amont, partisans et adversaires de l'enthousiasme. Le contentieux, de nature linguistique, théologique, mais également politique, conduisit les poètes romantiques à revendiquer le retour à un état, ainsi qu'à des modalités, anciens de l'enthousiasme, tel que pratiqué par les Grecs—à rebours des amalgames apparus tout au long des dix-septième et dix-huitième siècles anglais, tendant à associer enthousiasme et superstition religieuse, enthousiasme et soulèvement populaire, enthousiasme et aliénation mentale. A la faveur de l'examen de quatre notions (étymologie, interpellation, circonstance et transport), c'est à une relégitimation symbolique, sur la base d'une repoétisation de l'enthousiasme que devrait donner lieu cet article, nourri des ouvrages récents de Jon Mee sur l'enthousiasme, ainsi que de ceux de Michel Deguy et Jacques Derrida, entre autres, pour ce qui est de la théorie. Sans écarter la thèse, notamment portée par Clément Rosset, selon laquelle la « grandiloquence » de type enthousiaste court souvent le risque de forclore le réel, l'article se conclut sur les accents triomphants de Blake, pour qui enthousiasme n'est pas arrogance. </span></span></span></span></span></p><p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;"> </p><p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times-Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-weight: normal;">Cast in the guise of a Sartrean phrase, the proposition which would have it that English Romanticism is an enthusiasm cannot afford to ignore the fierce antagonism which opposed declared partisans and enemies of enthusiasm throughout the period. The debate was to prove so fractious, from a linguistic, theological, as well as political point of view, that it led the Romantic poets to implement a return to such modalities of enthusiasm as practiced by the Greeks--in contradistinction to the amalgamations appeared in the course of the seventeenth, and eighteenth, centuries, which tended to associate enthusiasm and religious superstition, enthusiasm and popular uprisings, enthusiasm and mental alienation. Read in the light of four notions (etymology, interpellation, circumstance and transport), and benefiting from the invaluable contextual documentation provided by Jon Mee's recent studies on the subject as well as from the theoretical insights of Michel Deguy and Jacques Derrida, enthusiasm should thus come into its own, essentially by virtue of its being restored to its intrinsically poetic connotations. Despite ending with the triumphant accents of William Blake, the paper will not fail to address Clément Rosset's pointed reservations towards overgrandiloquent verbal expressions of enthusiasm, susceptible of forclosing the real. </span></span></span></span></span></p> Marc Porée Copyright (c) 2019 L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/517 lun., 21 janv. 2019 16:34:15 +0000 L'enthousiasme depuis son ombre http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/525 Cet article se propose d'interroger la part de l'ombre dans l'approche du concept d'enthousiasme en s'attachant à l'étude des liens et échos intertextuels entre le <em>Ion </em>de Platon<em>, Problème XXX </em>du corpus aristotélicien et l'essai <em>Deuil et mélancolie</em> de Freud. Si le texte de Platon met en lumière les ressorts de l'enthousiasme comme inspiration poétique, le régime rhétorique et la régie des voix en rend les valeurs plus ambiguës, voire indécidables. Les liens entre le texte de Platon et le corpus aristotélicien intitulé <em>Problème XXX</em> relèvent quant à eux d'un retournement puisque la création et les formes de transports qui lui sont liées sont associées à la labilité des états mélancoliques et aux seuils critiques qu'ils peuvent comporter. L'essai de Freud articulant la mélancolie et la manie reprend à nouveaux frais la question de cette part d'ombre qui indépartage le destin de l'une et de l'autre, tant dans les passions individuelles que collectives. Il donne également à entendre combien la rythmicité pulsionnelle prévaut sur l'ordre du temps. Chantal Delourme Copyright (c) 2019 L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/525 lun., 21 janv. 2019 16:34:15 +0000 Take it to the Stage: Hip hop, the White Enthusiast and the poetics of the mixboard http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/518 <p style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"><span><em>Angry Black White Boy</em></span><span> by Adam's Mansbach is a relentless satire of its righteous character's megalomania and of the misguided use of religious enthusiasm in the field of racial politics. Yet this does not preclude the celebration of enthusiasm as an infectious form of poetic frenzy.</span><span> </span><span><em>Angry Black White Boy</em></span><span> deserves to be regarded as a formally ambitious novel in which a poetics of enthusiasm is articulated. The art of "going over" or "crossing out", writing graffiti over another one, is one of the paragons which the lyrical prose of the portrait constantly strives to emulate. Another paragon, as this study will argue, is the DJ's art of "sampling". In its attempts to revive the real, charismatic presence of African American artists and political leaders of the 1960s and 1970s by the sampling of their lines, the novel turns into a novelistic mixboard, half-mocking and half-celebrating the relation of hip hop artists to the powerful voices of Civil Rights leaders ghosting their own voices.</span></p> Aurélie Guillain Copyright (c) 2019 L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/518 lun., 21 janv. 2019 16:34:15 +0000 L'enthousiasme : sublime, terreur et aporie http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/514 <p style="margin-bottom: 0cm;" align="RIGHT"> </p><p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY">Dans <em>L’Enthousiasme</em>, Lyotard établit un lien entre le sublime, la terreur et les « grands bouleversements historiques », au point que l’enthousiasme apparaisse tel l’affect privilégié de tout ce qui confronte la représentation et l’imagination à leur limite. Mode extrême du sublime, l’enthousiasme ouvre à une « esthétique » de la sidération qui culmine avec les images de la terreur diffusées par Al-Qaida, Aqmi, Aqpa ou Daech, et reprises par les médias occidentaux : attentats du 11 septembre, exactions à Abu Graïb, décapitations d’otages, bombardements au gaz sarin à Khan Cheikhoun… Exemplaire d’une culture de la destruction pornographique, l’enthousiasme questionne notre responsabilité face à l’image, à l’histoire et à la catastrophe en même temps qu’il permet d’isoler un noyau de jouissance qui n’est pas résorbable dans la rationalité, le discours et la société. Par cet aspect, l’enthousiasme est le dehors de l’esthétique et de ses catégories : il relève de l’informe, du négatif et de l’hétérologie ; sa radicalité réduit la théorie à l’impuissance en une assomption de l’échec, du non-sens et de la perte. Aporétique, il est le symptôme d’un réel qui est l’autre nom de l’impossible.</p> Sébastien Galland Copyright (c) 2019 L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/514 lun., 21 janv. 2019 16:34:15 +0000 Oliver Sacks's "violent enthusiasms": "immoderation" as medical/literary ethics http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/526 <p><strong></strong>Alors qu’il avait conscience que sa fin était proche, Oliver Sacks prit Hume pour modèle ; mais il nuançait les affinités qu’il avait avec sa pensée, en revendiquant l’énergie de l’enthousiasme. C’est en effet l’enthousiasme qui le caractérisait ; les détours par la drogue ou la vitesse, dans sa jeunesse, furent autant de modalités sensorielles exaltantes permettant de déterritorialiser la perception ; il eut toute sa vie la passion de la médecine, des sciences naturelles, de la natation, de la musique et de l’écriture. A la carte striée de la médecine formelle de plus en plus technique et détachée, il voulut opposer une pratique nomade et déterritorialisée, naviguant entre les disciplines, à la croisée des sciences et de la littérature, du savoir et de l’humain. Née de l’interaction entre le patient et le médecin, la mise en récit vise à mettre en évidence la vulnérabilité, à partager l’expérience de troubles longtemps tus ou occultés. Certains critiques, comme Tom Shakespeare, refusent l’enthousiasme comme profession de foi, considérant que dérober la parole du patient relève toujours d’une imposture. On peut aussi considérer que la reconfiguration littéraire permet une forme de témoignage. Les interactions de Sacks avec son lectorat révèlent la fonction libératrice de ses écrits, tandis que ses récits engendrent à leur tour mise en musique ou mise en scène, un recyclage narratif qui témoigne de la prégnance de l’enthousiasme.</p><p> </p><p>Aware that his end was close, Oliver Sacks sought inspiration in Hume’s philosophical equanimity, while stressing an essential difference—his own belief in enthusiasm. Sacks indeed seemed to embody enthusiasm. In his youth, he sought to break the threshold of perception by dabbling in drugs and speed on his motorbike; he was characterized by his lifelong passions for swimming, music, plants and minerals, and above all medicine and writing. Refusing to fit within the formal frame of medical practice, perceived as technological and monolithic, Sacks longed for cross-disciplinary lines of flight, blending science and literature, abstract knowledge and a human or humane approach. Returning to the tradition of case studies and Romantic science, Sacks sought new ways of engaging with his patients by telling their stories. This may be read as voice appropriation, as pointed out by critics like Tom Shakespeare. But interaction with his readership also reveals the liberating dimension of his belief in enthusiasm; and the response of writers and artists, some of whom have a condition of their own, shows that his narratives breed other configurations that help to break social invisibility and prompt readers and spectators to rethink vulnerability.</p> Catherine Lanone Copyright (c) 2019 L'Atelier http://ojs.parisnanterre.fr/index.php/latelier/article/view/526 lun., 21 janv. 2019 16:34:15 +0000